Musée Jean Jaurès
10 avr. 2009
CASTRES : Musée Jean Jaurès " Charles Léandre " Jusqu'au 14 décembre 2008

Charles Léandre
Le Rire - 20 Novembre 1897
" Emile Zola écrivant J'accuse "
© Coll. Part.
Charles Léandre (1862-1934), surtout connu pour ses caricatures
et ses illustrations est l’un des plus grands lithographes, dessinateurs et peintres de son époque. Avec ses amis Forain, Steinlein, Willette et Poulbot, il figure parmi les caricaturistes les plus incisifs de la presse de l’époque.
Cette exposition présente une soixantaine d’oeuvres de l'artiste en provenance d’une collection privée et des Musées de Montmartre, de Coutances et de l''Espace Charles Léandre à Condé-sur-Noireau
Charles Léandre, est un artiste complet, possède à la fois le sens de l’harmonie, de la douceur et de la joie de vivre, largement transcrites dans ses oeuvres peintes, mais également le sens aigu de la dérision par la force de ses traits de ses caricatures et de ses dessins.
Ayant participé activement au journal " Le Rire" créé par Félix Juven, il sait particulièrement mettre en valeur “les particularités ridicules d’une figure ou d’un individu” selon Théophile Gautier. Georges Clémenceau, Paul Doumer, Emile Zola, le Maréchal Joffre, ou la Reine Victoria seront les sujets de prédilection de ses caricatures, autant que les thèmes politiques avec l' Etat ou l’Eglise.
Il participe également à des journaux illustrés tels que le "Chat Noir", " La Vie Moderne ", " Le Figaro ", "Le Grand Guignol ", dans lesquels ses traits et ses dessins irritent parfois jusqu'à ce qu'on lui conseille plusieurs fois d’employer son art à des œeuvres plus dignes. C’était en effet un portraitiste talentueux et ses œeuvres au pastel font référence.
Charles Léandre excelle aussi par ses lithographies et ses aquarelles et illustre divers ouvrages tels " Les dix contes du pays de Caux " de Guy de Maupassant, "Le gendarme est sans pitié" de Georges Courteline,, " Madame Bovary " de Gustave Flaubert, ou " Les trois mousquetaires " d'Alexandre Dumas père.
Ses peintures sont essentiellement des paysages aux couleurs douces, marqués d'un certain romantisme, ceux de sa Normandie natale, imprégnées aussi parfois de touches impressionnistes, ou des portraits, dans lesquels l’artiste laisse apparaître parfois ses propres interrogations, ses inquiétudes et l’expression aussi d'une certaine spiritualité rendues par l' atmosphère de ses compositions . "Le Chant de la mariée", " Les Amoureux", " Les Longs Jours" ou "La Garde Malade", illustrent par exemple cette démarche et cette mélancolie qui apparaissent dans nombre de ces tableaux
Charles Lucien Léandre, est né à Champsecret dans l'Orne, le 22 juillet 1862, et est décédé à Paris le 24 mai 1934.
Fils d’un père officier de carrière, Charles Lucien Léandre arrive à Paris en 1878, et suit les cours du peintre Émile Bin qui devient son professeur.
En 1880, il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts où ils entrent dans la classe de Cabanel. Il y passe ses concours et obtient des récompenses plusieurs prix dont celui du "dessin antique "en 1883 et ceux des " travaux d’atelier " en 1884 et 1886.
En 1882, il devient professeur de dessin dans les Écoles de la Ville de Paris pour y enseigner jusqu’en 1897. Parrallélement à son activité d'enseignement, il poursuit son travail personnel de peintre et est admis au Salon des Artistes Français, en 1882, avec une toile intitulée " Fanchon la tricoteuse".

Charles Léandre
" Autoportrait " 1920
©
Il est récompensé par une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de 1889 pour la présentation d'une grande huile sur toile : intitulée " La Mère". Lors de l’Exposition Universelle de 1900, il fait partie des cinq artistes lithographes sélectionnés pour réaliser deux compositions sur un thème imposé dans le cadre des estampes décoratives des Palais Centennaux. et obtient une médaille d’or.
En 1904, il créée la "Société des Peintres Humoristes ", et obtient en 1921, la médaille d’honneur de la Société des Artistes Français, dans la section gravure, une des plus importantes distinctions qu’un artiste puisse obtenir.
Il meurt en 1934 dans son atelier de la rue Caulaincourt à Paris.